Le piège des produits anti-taches « miracles »

Il est temps de mieux comprendre comment réagit la peau quand on essaie de palier aux péripéties de la mélanine.

Il peut arriver qu’on vive avec une tache toute sa vie.

Néanmoins, en général, les taches partent naturellement. Cela peut prendre des semaines ou des années à disparaître d’elle-même (comme le cas de la mélasma). Tout dépend de la cause initiale et du phototype de la peau de la personne. Un traitement a pour but d’accélérer le processus d’effacement.

Mais attention…

Les produits anti-taches classiques dans la sphère cosmétique sont généralement formulés avec 3 types d’actifs qui agissent en synergie.

  • Un actif dépigmentant (éclaircissant) qui va réduire directement la formation de la mélanine.
  • Un actif anti-oxydant qui va contrôler l’oxydation superficielle de la mélanine (l’oxydation est un processus entraînant la formation de la couleur marron-noire en présence d’oxygène)
  • Un actif kératolytique qui va gommer (exfolier) la peau afin de très faciliter la pénétration des actifs qui ont été cités (anti-mélanine et anti-oxydant) et du coup booster leur efficacité. Mais son rôle numéro 1 c’est d’éliminer les cellules mortes déjà colorées par l’excès de mélanine.

L’association de ces 3 types d’actifs dans un produit est intéressante. La tache se clarifie en peu de temps, la peau devient très éclatante. Peau de verre !  Cependant il est évident qu’une peau traitée ainsi devient très fragile.

De ce fait, la rébellion commence . La peau est exposée à beaucoup d’agressions externes comme le climat, le soleil, même les frottements. L’hypersensibilité de la peau aux hormones se développe également. On peut également observer des vergetures sur les parties du corps prédisposées à stocker le plus de graisse.

En cas de sensibilisation, les peaux avec peu de mélanine ont tendance à rougir tandis que les peaux avec une quantité intéressante de mélanine ont tendance à noircir. L’assombrissement est une forme de défense immunitaire quasi spécifique aux peaux noires et métissées.

Certains produits brûlent la peau, surtout les Peeling at home: un désastre. Et si l’actif dépigmentant est mal dosé ou assez controversé comme l’hydroquinone, cela provoque l’apparition de l’acné sur le visage et des mycoses sur l’ensemble du corps. Ainsi apparait une hyperpigmentation post-inflammatoire.

L’ironie c’est qu’on ne pourra plus se permettre d’utiliser les mêmes produits anti-taches: on risque de tomber dans un cercle extrêmement vicieux ! Cela peut d’ailleurs causer du tort à la santé mentale. Voila pourquoi il faut être très méticuleux dans le choix des actifs éclaircissants qui composent le produit qu’on achète, et également faire attention à leur pourcentage dans une formule.

Quelques actifs éclaircissants en vogue

Les produits éclaircissants sont, par définition, des produits qui contiennent des molécules (actifs) dépigmentantes, c’est à dire capables de réduire la production de mélanine à la racine.

Ces dernières années, les scientifiques ont beaucoup appris sur la fonction des mélanocytes, des enzymes et leur règlement génétique ainsi que sur d’autres facteurs influençant la mélanogénèse. Ainsi, à la suite des dégâts causés par l’utilisation de l’hydroquinone hors du secteur médical, des études ont été menées en vue de trouver d’autres substances pour dépigmenter la peau.

A priori, tous ces études ont été menées pour le blanchiment intégral de la peau. Néanmoins, ces actifs ont su être intégrés dans les produits cosmétiques anti-taches pour l’éclaircissement d’une partie spécifique de la peau

  • Une entreprise japonaise a travaillé sur de nouvelles substances notamment l’arbutine et l’acide kojique mais des problèmes de stabilité et de sécurité sont encore à maîtriser.
  • Au fil du temps, d’autres chercheurs ont étudié les extraits de plantes, les microbes et les champignons dans leur quête de substances dépigmentantes. Ainsi, la littérature scientifique mentionne les effets dépigmentants des acides alpha-hydroxy (AHA), de l’acide azélaïque et de l’acide linoléique.

Cependant les actifs doivent être utilisé à très faible concentration dans la formulation d’un produit cosmétique. Et ce n’est que sous surveillance médicale qu’on peut utiliser des produits composés d’un pourcentage élevé de ces genres d’actifs.

Une molécule dépigmentante efficace ne peut être dénuée de toxicité. Ce n’est pas pour rien qu’une législation et des comités très stricte existent en Europe.

Dans cet article, voici les actifs éclaircissants que je trouve pertinent de détailler au vue de leur notoriété dans la sphère cosmétique:

  • l’arbutine
  • l’acide kojique
  • l’acide azélaïque 

L’arbutine (arbutoside/  alpha-arbutine) est un dérivé synthétique de l’hydroquinone ( β-glucoside d’hydroquinone).

Il s’agit également d’une molécule qui peut naturellement être extraite des feuilles et des écorces de plusieurs plantes notamment celles de la famille des Ericacées. Elle est reconnue comme une alternative plus sûre que l’hydroquinone vu qu’elle provoque très peu d’effets secondaires (voire aucun selon les cas). Aussi puissant que l’hydroquinone, son effet éclaircissant est dû au fait qu’elle atteint directement le centre d’activité de la tyrosinase, cette enzyme régulatrice des premières étapes de la mélanogénèse . Le CSSC (Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs) considère que l’utilisation de l’alpha arbutine dans les produits cosmétiques est sûre pour les consommateurs à une concentration allant jusqu’à 2 % dans les crèmes pour le visage et jusqu’à 0,5 % dans les laits corporels.

L’acide kojique  est comparable à l’arbutine, il agit sur la tyrosinase, mais particulierement sur les ions cuivriques (acteurs dans la synthèse de la mélanine).

Cette molécule pose actuellement des problèmes d’ordre toxicologique (puisqu’elle s’avère mutagène), de ce fait le Japon a interdit son emploi depuis un long moment, puis se fut le cas dans tout l’Europe.

L’acide azéalique (azelan), découvert en  1978 par le docteur Marcella NAZZARO-PORRO (Rome, Italie), est un acide dicarboxylique qui provient de la fermentation de graines telles que le blé et l’orge. Il est principalement d’origine synthétique (via l’acide oléique) en cosmétique pour des raisons de stabilité et d’efficacité. C’est un ingrédient difficile à formuler. Si la formule n’est pas stable, la texture peut devenir vilainement granuleuse et donc causer des problèmes de peau.

L’acide azélaïque réduit la production de mélanine dans les zones où elle est produit en excès étant donné qu’il peut intervenir dans le processus de mélanogenèse en ciblant la tyrosinase. Il est actuellement l’alternative la plus saine face à l’arbutine et l’acide kojique. C’est un acide très intéressant, qui s’entend plutôt bien avec la peau. D’ailleurs dans le domaine médical, il est utilisé entre 15 et 20% dans un produit. En cosmétique il est utilisé à des pourcentages moindre (généralement 10%) toutefois il demeure efficace.

Il n’existe pas de produits éclaircissants innocents

En soi, les actifs éclaircissants ne sont pas un mal étant donné qu’ils ont été conçus de base à des fins médicaux pour traiter des taches et autres soucis sur des surfaces spécifiques de la peau. Ce qui signifie que tout usage exige la surveillance d’un professionel de la peau certifié. Malheureusement, au fil des ans, l’industrie de la cosmétique a démocratisé l’usage des actifs dépigmentants. Il n’y a plus de contrôle.

Certaines marques abusent des actifs dépigmentants et assument que leurs produits blanchissent de la tête aux pieds.

Et d’autres marques se sentent plus responsables en affirmant que leurs produits ne blanchissent pas car il contiennent très peu d’actifs dépigmentants. Ils disent que leurs produits ont simplement pour but d’effacer les taches, de booster l’éclat (leeral). Or ces produits (soi-disants juste clarifiants et illuminants) comportent quasiment les mêmes risques que les produits blanchissants. En effet, s’ils sont utilisés au mauvais moment et à une fréquence excessive par ignorance, la peau sera sujette à des rougeurs et irritations puis va se défendre avec beaucoup de mélanine. Elle s’en fiche de devenir plus sombre qu’avant. Elle ne veut pas que la peau brûle !

Si tu es têtu(e), hypnotisé(e) et te forces le produit car au début tes taches partaient, tu vas te condamner aux ombrages, à la crème solaire 50+++ et à pleins de produits cosmétiques pour empêcher la mélanine d’encore se défendre et échapper aux brûlures du soleil sans elle. Tu seras même plus claire que tu ne t’y attendais.

Puis au final; l’ironie en est que des boutons se pointeront pour te rappeler à l’ordre, et d’autres soucis seront en vue. Ah ouais, on ne rigole pas avec la peau.

Les produits qui voulaient masquer la souffrance de la peau…

Pour traiter les taches, il existe des méthodes et des actifs moins risqués et durables. Et ils font leur preuve !

Les peaux noires devraient particulièrement faire attention aux produits éclaircissants pour traiter les taches, même sous surveillance médicale. Le fait en est que les produits éclaircissants ne sont pas conçus pour s’adapter aux peaux noires, encore moins aux peaux noires sur le continent africain. Même s’ils sont conçus en Afrique par des noirs, ils restent dangereux car ceux qui le font reproduisent simplement les enseignements des cosmétologues hors d’Afrique. On n’a aucune information tangible sur le lien entre les peaux noires et certains actifs. Tu comprends la folie ? Et c’est triste que les pharmacies participent à ce fléau. Elles innocentent ces produits en les exposant comme de simples produits de soin quotidien.


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