Historique, Turbulences et Evolution de la crème solaire

De 1970 à nos jours, les laboratoires concourent à concevoir des protections solaires à la composition plus ou moins correcte et faciles à appliquer. Que de rebondissements !

Tout débuta au début du XXe siècle (années 1900), à l’heure où le bronzage commence à être apprécié. D’une part, des formules renfermant des molécules organiques (filtres chimiques ), d’autre part, des formules renfermant des molécules inorganiques (filtres physiques). Et puis des formules mixtes (filtres chimiques et filtres physiques).

https://morinless.com/lessentiel-a-savoir-sur-la-creme-solaire-guidance-dusage/

Les produits étaient testés sur le terrain mais n’affichant pas encore de SPF, l’indice de protection comme les rayons solaires UVB. Les méthodes permettant de quantifier l’efficacité des produits mis sur le marché n’étaient pas encore inventées.

Les produits solaires en vogue étaient les « crèmes brunissantes » car laissant légèrement passer les rayons ultraviolets selon la croyance populaire. En réalité, elles ne contenait aucun filtre UV (c’est le cas des formules composées de lanoline, de vaseline et de parfum). Les gens pensaient naïvement profiter des effets bronzants du soleil sans les mauvais cotés et du coup ils s’exposaient volontairement aux rayons pendant des heures.

On introduisait dans les produits solaires des parfums à caractère photosensibilisant (c’est-à-dire susceptible d’engendrer des réactions cutanées en cas d’exposition aux UV) comme l’eau de Cologne. L’eau de Cologne même était étonnée.

Remise en question en 70

À partir des années 1970, une réglementation des cosmétiques est mise en place. Les filtres UV autorisés font l’objet d’une liste spécifique (il s’agit des filtres UV qui ont fait leurs preuves et qui sont considéré comme sûr d’emploi). Petit à petit, des méthodes de détermination de l’efficacité des produits sont mises au point, il s’agit de méthodes in vitro utilisant un support inerte et d’une méthode in vivo proposée dans les années 1950 et faisant appel à des volontaires.

Au fil du temps, les produits s’améliorent, les différentes formes à disposition (huile, crème, stick) sont plus agréables et rassurantes. Dès lors qu’on remarqua qu’un filtre UV possède rarement toutes les qualités requises, l’association de certains filtres parut plus pertinent pour obtenir des produits capables de protéger des coups de soleil pendant au moins 2 heures et prévenir le cancer de la peau.

Les produits solaires ( aussi appelés écrans solaires) sont ainsi de moins en moins associés au bronzage. Les gens comprennent que s’ils sont appliqués correctement, ils diminuent l’exposition aux UV de sorte à ce que les processus biologiques responsables du bronzage ne se déclenchent pas en excès.

Doutes en 2000

Au début du XXIe siècle (année 2000), les écrans solaires physiques sont considérés comme les plus respectueux de l’environnement ; tandis que les écrans solaires chimiques sont à la cible de maintes reproches.

Cependant, en 2019, les écrans solaires physiques sont finalement diabolisés car des publications pointe la toxicité de l’oxyde de zinc pour l’environnement, et son effet protecteur faible. Et vu que c’est un produit très souvent utilisé dans les produits solaires « bio», ce Bad Buzz a été ultra médiatisé. Je me rappelle que c’est à cette époque que j’ai commencé à m’intéresser aux crèmes solaires. Un mal de tête au rendez-vous ! Il y avait trop d’informations contradictoires.

Été 2019, une publication fait encore BOOM, mettant en avant le risque de pénétration transdermique de certains filtres UV, un phénomène pourtant connu depuis longtemps. Cela est causé par des exhausteurs de pénétration dans les formules (c’est à dire des molécules qui renforcent le phénomène de pénétration dans la peau). Il s’agit, par exemple, de l’alcool (non à quel moment tu te dis «Hohoho je vais associer de l’alcool à un filtre UV» ? C’est si bizzare…).

Printemps 2021, l’octocrylène, un filtre UVB photostable et efficace est présenté comme dangereux du fait de sa transformation en benzophénone à long terme. «Une publication allant à l’encontre de l’avis du SCCS (Scientific Committee on Consumer Safety) de 2021 déclarant l’octocrylène sûr d’emploi lorsque l’on respecte les doses maximum autorisées.»

Devant ces contestations, certaines sociétés optent pour la mise sur le marché de produits soit disant 100 % naturels, mais sans filtres UV réglementés… et c’est actuellement en vente! Like seriously ? Retour à la case départ mais avec plus d’assurance apparemment… et des débats interminables dans la « Skincare but make it science » community. Mais bon, c’est plutôt cool pour la culture générale… Tellement de marques sont passées à la loupe des chimistes et cosmétologues connus d’internet ! Le stress de cela même…

Chaque jour, on se réveille, il y a de nouveaux dossiers.

La crème solaire à son apogée

Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle, l’écran solaire la plus utilisée dans le monde est la crème solaire.

Au fil des ans les laboratoires cosmétiques et pharmaceutiques en ont fait un produit en constante innovation qui allie confort et efficacité contre les rayons solaires.

En Europe et au Japon, les produits solaires sont considérés comme des cosmétiques, alors qu’en Australie, au Canada et aux États-Unis ils sont classés comme des médicaments.

Les utilisateurs ont généralement le choix entre la crème solaire physique et la crème solaire chimique selon la sensation recherchée (texture et confort) et leurs convictions (généralement écologiques et sanitaires).

Mieux comprendre le SPF

Les écrans solaires différent principalement en fonction de leur texture et de leur SPF.

Le SPF (Sunburn Protection Factor) est parfois noté FPS (Facteur de Protection Solaire) ou encore IP (Indice de Protection).

Le SPF a la même signification partout dans le monde. C’est grâce à des tests standardisés (très rigoureuses) qu’il est déterminé.

Lors de ces tests,

  • on applique une dose de produit solaire de 2 mg par cm² sur une partie du dos de volontaires qui sont ensuite soumis à différentes doses d’UV.
  • Après 24 heures, on compare les réactions de la peau avec et sans protection solaire.
  • On en déduit la Dose Erythémale Minimale (DEM), qui est la plus faible dose d’ultraviolet provoquant une rougeur de la peau.

L’indice de protection (SPF) est donc le rapport entre la DEM sur une zone de peau recouverte de crème solaire et la DEM sur une zone non protégée.

L’indice de protection est aussi le rapport entre le temps nécessaire pour obtenir un coup de soleil avec et sans la crème solaire.

Par exemple, cela suppose qu’appliquer un écran solaire ayant un SPF de 30 signifie que la peau résistera aux coups de soleil 30 fois plus longtemps que sans l’écran solaire.

Autrement dit, si, sans aucune protection, une peau commence à être brûlée par le soleil au bout de dix minutes, l’application (correcte) d’un écran solaire SPF 30 ralentit le processus au point qu’il faudrait 30 fois plus de temps pour obtenir la même brûlure, soit 300 minutes.

De même avec un écran de FPS 15, cela prendrait 150 minutes. Si une personne a un coup de soleil au bout de 10 minutes sans protection, un IP 15 signifie qu’il lui faudra 2 h 30 (soit 150 minutes ou 15 fois 10 minutes) pour obtenir le même coup de soleil avec ce produit solaire.

Donc plus l’indice est élevé, meilleure est la protection. C’est pour cela le SPF 50 est très recommandé. Avec un écran de SPF 50, il faudrait 500 minutes.

Mais ces chiffres théoriques ne sont valables que dans des conditions parfaites, ce qui n’est pas le cas dans le monde réel (ou bien nos vies sont parfaites ?). Si on reste au soleil pendant 500 minutes (soit environ 8h 20mn) en comptant uniquement sur la crème solaire comme protection, il est fort probable d’attraper un méchant coup de soleil, voire des brûlures pour certains! C’est pour cela que l’on conseille de renouveler régulièrement l’application de crème durant la journée.

En plus, cette théorie doit s’adapter à une autre réalité: toutes les personnes n’ont pas la même sensibilité face au soleil. Cela s’explique par diverses raisons mais la raison principale est la différence de teintes de peau. En effet, on reconnait l’existence de 6 phototypes.

Ce n’est pas raciste ou coloriste, c’est juste scientifique et assez généraliste.
  • L’épiderme des peaux noires ne permet que le passage de 7.4% de UVB et 17.5% de UVA.
  • Chez les peaux blanches il peut pénétrer 24% de UVB et 55% de UVA. Les peaux foncées n’attrapent pas de coup de soleil à la même vitesse aux peaux claires.

Ceci explique pourquoi les peaux noires en bonne santé peuvent généralement se contenter d’un SPF 15, alors que pour les peaux blanches (surtout de phototype 1 et 2) le SPF 30 ou 50 est plus recommandée.

Remarque: même si la différence entre un SPF 30 et un indice SPF 50 peut sembler importante, la réalité est qu’en matière de protection elle s’avère relativement modeste ( soit 1.3 % de différence).

En effet, il faut savoir que la protection contre les UV n’est pas proportionnelle à la valeur de l’IP (SPF):

  • Un IP 2 arrête 50% des UVB
  • Un IP 15 arrête 93% des UVB (il laisse passer 1/15 soit 7% des UVB)
  • Un IP 20 arrête 95% des UVB
  • Un IP 30 arrête 97% des UVB
  • Un IP 50 arrête 98% des UVB

Et oui ! La conception de la crème solaire est à limite une science à part. Je trouve d’ailleurs que sa complexité est très passionnante. Et c’est un message à toutes les personnes qui pensent que additionner les SPF des huiles végétales donne une protection avec un SPF incroyablement élevée.

Cela ne fonctionne pas ainsi. D’ailleurs, il existe des mélanges d’huiles qui peuvent diminuer le SPF… Le soleil même est étonné. Même la période de récolte d’une plante peut modifier son SPF. Concevoir une protection solaire en mélangeant des huiles végétales à SPF élevé est un leurre, une blague botanique.

Toutefois, il n’est pas dit qu’avec des matières premières naturelles, il est impossible de créer une protection dotée d’un SPF élevée. La chimie, c’est avant tout du hasard.  Si tu as conçu ta propre protection solaire fait-maison et que tu vois des effets intéressants sur votre peau, il faut noter et garder précieusement les dosages et de ce fait, si un jour tu en as l’opportunité, fais des tests en laboratoire. On ne sait jamais. En tout cas, il faut comprendre que cette histoire de SPF, ce n’est pas 1 + 1 = 2. C’est régulé par des formules physiques, chimiques, mathématiques déjà bien établies.


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