Chimiste et Cosmétologue: les inséparables

Nous sommes à l’époque de la spécialisation: tant de choses découvertes et à découvrir ! Le monde avance grâce à la spécialisation et au Brainstorming.

Un chimiste étudie la science de la matière à l’échelle moléculaire ou atomique.

La chimie s’intéresse aux éléments qui constituent la matière (atomes, ions, etc ), à leurs propriétés et aux liaisons chimiques qui peuvent se créer entre eux.
Il existe différentes branches des sciences chimiques, par exemple

  • la chimie analytique, qui étudie la composition et la structure d’une substance et des éléments qui la composent,
  • ou la chimie organique, qui étudie les substances organiques, c’est-à-dire celles qui sont composées de molécules contenant du carbone.

Dans un premier temps, l’objectif du chimiste est d’approfondir la compréhension et la connaissance du monde chimique organique et inorganique, et de partager les résultats avec la communauté scientifique afin que chacun en fasse usage selon le domaine dans lequel il évolue.

Dans un second temps, le chimiste se donne pour objectif de développer de nouveaux composés et matériaux, d’améliorer ceux qui existent, d’exploiter les réactions chimiques pour les différentes applications.

Le chimiste travaille souvent en équipe, avec d’autres chimistes, des physiciens, ingénieurs, techniciens et assistants de laboratoire.

La cosmétologie est une branche de la chimie, plus précisément de la biochimie. Un cosmétologue est un scientifique qui mène ou apporte assistance lors des phases d’étude, d’analyse, d’élaboration et d’évolution de produits cosmétiques. 

Il doit sans cesse faire preuve d’ingéniosité et de renouveau pour proposer des produits cosmétiques toujours plus développées et performantes. C’est pour cette raison qu’il effectue très régulièrement des recherches dans la littérature et les publications scientifiques afin d’être à la pointe des avancées dans le secteur ( nouvelles molécules ou nouvelles applications de ces dernières, nouveaux brevets déposés, etc ). 

Le cosmétologue avance mieux en compagnie du chimiste. Il a d’ailleurs toujours besoin du chimiste toxicologue pour prévenir les bactéries et toxines dans ses produits.

Le rejet de la Science (chimie)

Lorsqu’on comprend enfin ce que veut dire Élément chimique, on se rend compte que c’est effectivement une erreur d’appeler Chimique tout ce qu’on voit de toxique ou douteux.

Voir l’article « Naturel, Synthétique, Artificiel: quelles différences en cosmétique ?« 

Mais bien que tout le monde accepte qu’une personne doit avoir un minimum de connaissances en chimie pour faire des produits cosmétiques, la réalité est qu’il est encore tabou que le mot Chimie et Cosmétique soient dans une même phrase.

La peur et diabolisation mondiale du mot CHIMIQUE n’est pas sans raison. C’est malheureusement à cause des chimistes qui ont trahi l’humanité à travers les siècles.

La chimie, on en fait tous les jours. Pas la peine d’être dans un laboratoire pour mélanger et assembler des molécules, on le fait tous les jours inconsciemment. Oui c’est un fait. Cependant le chimiste, lui, est conscient de ses mélanges, il connaît bien les molécules. C’est donc révoltant qu’il puisse créer et intégrer en âme et conscience des éléments synthétiques ou artificiels dangereux dans des produits alimentaires comme cosmétiques. Et ce n’est pas non plus le cordonnier qui a créé des bombes atomiques.

« Il me semble que la chimie souffre de trois maux : elle est mal aimée, mal comprise, mal traitée. Mal aimée car, contrairement à d’autres technologies, elle ne fait pas rêver : elle est trop proche du quotidien, elle est partout ! Lorsqu’il faut trouver un coupable face à des inquiétudes sur la santé, par exemple, les produits chimiques de synthèse sont faciles à montrer du doigt. Mal comprise car, comme le soulignent les auteurs, le terme même de « chimique » est polysémique, et sa véritable définition, « science qui étudie les propriétés, la constitution des corps et les réactions qui peuvent se produire entre eux », échappe la plupart du temps au grand public. Mal traitée enfin parce que, quels que soient les modes de communication mis en place, l’image de la chimie reste mauvaise, même quand les différents acteurs du domaine mettent, par exemple, l’accent sur une chimie écoresponsable ». Christophe Cartier dit Moulin Directeur de recherche au CNRS. Propos recueillis par Martin Tiano

La peur de la chimie peut effectivement se comprendre sous différents aspects. Toutefois, cette crainte de la chimie (chimiophobie) va exagérément loin. Cela crée en effet des confusions et amalgames menant à des dérives marketing incontrôlables et très paralysantes pour l’émergence de consommateurs éco-conscients réalistes…

Une création cosmétique en laboratoire peut être utile comme dangereuse. Tout dépend des intentions du chimiste ou du niveau d’intégrité du formulateur. Il faut mieux communiquer sur cela.

Pourquoi fabrique-t-on ce qui est déjà dans la nature ?

Il serait une erreur de combattre la Chimie surtout lorsqu’elle se penche sur la synthèse (reproduction), étant donné que celle-ci comporte des 2 principaux avantages dans le secteur de la cosmétique.

1- Les innovations cosmétiques sont facilitées et sécurisées.

Les peaux ont différents niveaux et types de sensibilité. S’aventurer à créer des produits cosmétiques innovants avec des éléments naturels, c’est garder en tête que la nature est avant tout un assemblage complexe de molécules. De ce fait, certains éléments naturels ne devraient pas être mélangés pour le simple désir d’obtenir un effet spécifique ou une texture spéciale/unique. Garantir la sécurité des consommateurs est juste primordial.

Alors, pour faciliter le travail des cosmétologues créatifs ( perdus dans des considérations biologiques sécuritaires ), les chimistes reproduisent les molécules naturelles conformes aux exigences naturelles de la peau et inoffensives pour la santé ( contrairement aux décennies passées ). Ces molécules synthétiques sont soit des actifs, soit des conservateurs, soit des solvants/tensionactifs, soit des texturisants/émulsifiants. Le choix est de plus en plus large pour les marques attentives à la composition de leurs produits.

Il est important de comprendre que si un élément synthétique crée des problèmes de peau, cela veut tout simplement dire que la version naturelle, originale crée également des soucis. Une espèce chimique donnée possède exactement les mêmes propriétés qu’elle soit naturelle ou copiée.

Le véritable problème avec les substances synthétiques est que l’humain peut tellement contrôler leur disponibilité ( vu que c’est lui qui les reproduit ) que finalement certains s’amusent à les utiliser en doses inadéquates dans les produits cosmétiques. A l’exemple de ceux qui mettent 10% d’acide salicylique dans un sérum alors que 2% suffit largement.

Etre consciencieux avec les actifs cosmétiques est primordial. La peau n’a pas de système digestif. La cosmétique n’est pas de l’alimentation. Ce n’est pas naturel pour la peau de recevoir certaines doses de molécules (surtout en cas de sensibilité, allergies). Par exemple, la dose de Vitamine C (issue de notre alimentation) que le sang distribue normalement à la peau ( du derme à l’épiderme) est bien inférieure aux doses que la cosmétique permet d’appliquer sur la peau.

D’autres n’hésitent pas à faire des mélanges d’actifs cosmétiques sans prendre en compte la compatibilité des groupes de molécules au contact de la peau. Encore une fois, on parle de Cosmétique et de la Peau. Il ne s’agit pas de l’Alimentation et du Système digestif. C’est un domaine à part entière qui répond à des réalités biologiques bien reconnues. On ne cuisine pas. On formule.

Malheureusement tout le monde n’est pas en mesure de formuler avec des éléments synthétiques pour profiter de leurs avantages spécifiques… C’est bien dommage vu comme la chimie a d’innombrables avantages pour le secteur de la cosmétique !

A l’heure actuelle, un grand centre de recherche a découvert que le curcuma est un filtre solaire très puissant et très rassurant. De ce fait, ils sont en train de voir comment utiliser les molécules dans le curcuma pour en bénéficier intégralement sous forme de gel sans taches jaunes et dégradation (en effet des actifs puissants du Curcuma se dégradent assez vite au contact de l’eau). N’est-ce pas magnifique comme projet ? Cela pourrait aider bon nombre de personnes qui ont du mal à utiliser les crèmes solaires actuelles. Un grand merci aux avancées de la Chimie.

2- La surexploitation de la nature est limitée.

La chimie de synthèse règle un soucis de coût d’exploitation ou d’abondance. Il peut s’avérer être plus pratique d’utiliser des éléments synthétiques en cosmétique plutôt que d’aller les chercher directement dans la nature. La reproduction d’espèces chimiques naturelles par la chimie de synthèse contribue à sauvegarder l’environnement contre la surexploitation et à limiter la maltraitance animale.

« Le cosmétologue a été de tout temps un chimiste avant la lettre, capable de préparer tous les ingrédients nécessaires à un système de signalisation corporelle et de communication sociale aussi vieux que l’humanité. Plus récemment, il est devenu un galéniste capable de créer des formulations complexes particulièrement agréables au toucher. Ce n’est que très récemment que le cosmétologue est devenu également un biologiste. Cette mutation a été la conséquence de deux préoccupations : fabriquer des cosmétiques dénués de toute toxicité, prévenir le vieillissement cutané et, mieux, redonner à la peau un aspect plus jeune. Cette dernière préoccupation est directement liée à l’image négative que notre époque a du vieillissement et souligne l’interaction forte entre la gestion de l’image de soi au moyen des cosmétiques et l’image que la société renvoie de l’individu. Plus récemment encore la cosmétologie a pris une place de choix dans la prévention des agressions cutanées et des cancers qui en résultent, et dans la stimulation des processus de réparation de la peau après agression. Cette évolution rapproche toujours plus la cosmétologie de la dermatologie. Aujourd’hui, la cosmétologie s’attache à assumer une quadruple mission de décoration, de soin, de prévention et de réparation. Son territoire est celui de la physiologie cutanée et de tout ce qui peut permettre à la peau de rester en bonne santé. »  UNIVERSALIS


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